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Un million de pixels, zéro tirage : Pixbid relance la Million Dollar Homepage à la surenchère

En 2005, un étudiant anglais a empoché un million de dollars en vendant une page web pixel par pixel. Vingt et un ans plus tard, Pixbid reprend l'idée en France avec une règle nouvelle : la case n'est jamais acquise, elle se défend à la surenchère.

Le million d'Alex Tew, sans ticket ni tirage

Nos lecteurs connaissent la musique : pour toucher le million, on coche des numéros et on attend le tirage. Alex Tew a fait autrement. En août 2005, cet étudiant anglais de 21 ans cherche de quoi payer ses études. Il met en ligne une page blanche d'un million de pixels et les vend un dollar pièce, par blocs de 10 sur 10. Chaque bloc affiche un logo et renvoie vers le site de l'acheteur. Quatre mois plus tard, la grille est pleine. Les 1 000 derniers pixels partent aux enchères sur eBay pour 38 100 dollars. Bilan : 1 037 100 dollars, et une page devenue un monument du web. La Million Dollar Homepage est d'ailleurs toujours en ligne, figée comme en 2006.

Pixbid : la case va au plus offrant

Pixbid reprend la mosaïque géante, mais change la règle du jeu. Sur la grille française, une case démarre à 1 euro, et rien n'est gravé : n'importe qui peut la reprendre en misant 1 euro de plus que son occupant. Payer davantage au départ rend la place plus difficile à déloger. Chaque case accueille une image, un nom de site, un lien et une phrase de présentation. Le million de pixels s'est rempli dès les premières semaines. Depuis l'ouverture, le 24 août 2026, plus de 1,2 million de visiteurs sont passés sur la grille, et la partie continue, case après case, mise après mise.

Clin d'œil pour un site de résultats de loterie : ici, pas de hasard. Les cases mises en avant sont celles que les visiteurs cliquent réellement, un clic par visiteur et par heure, et le compteur est remis à zéro le 1er de chaque mois. Les clics ne s'achètent pas.

Un couple derrière la grille

Pas de régie ni de levée de fonds derrière Pixbid. Mélissa, entrepreneuse, édite le site. Son compagnon Julien, consultant en référencement connu sous le pseudonyme Julien CTR, a conçu l'outil. Le duo revendique un projet artisanal, animé bénévolement, pensé comme une vitrine pour les petites marques, les indépendants et les porteurs d'idées qui veulent se montrer autrement que par les grandes régies.

Des classements où c'est le public qui vote

Autour de la grille, Pixbid a ouvert des palmarès gratuits et participatifs : chacun propose un pseudo ou un profil, les internautes votent. On y trouve un classement des comptes X les plus appréciés, remis à zéro chaque mois, un classement des entrepreneurs français et un classement des médias français où le rang se gagne aux clics des visiteurs plutôt que devant un jury.

Relancer une grille de pixels à l'heure de l'intelligence artificielle a quelque chose de décalé, et c'est le charme du projet : l'esprit du web des années 2000, une idée simple qui tient sur une seule page. Vingt ans après Alex Tew, le million de pixels se joue toujours. Mais plus personne ne le gagne une fois pour toutes.

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